A QUAND LA FIN DES MAUVAIS JOURS !

Publié le par Jean-Claude Bernard

Les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas !!!

Le 18 mars : Comme je l’évoquais dans mon précédent billet, le front de gauche savoyard était à la Bastille parmi les 120 000 sympathisants et militants qui chantaient, riaient, scandaient le mot d’ordre présent à chacun des meetings de la gauche radicale. « Ré-sis-tan-ce, Ré-sis-tan-ce, … »  Moment de fête, avec accordéon, sourires sur les visages. Et puis le discours de Jean Luc Mélenchon imprégné d’espoir, de rassemblement, de solidarité, de fraternité.  Image9.jpg

Le 25 mars : Trois jours après le dénouement des tueries de Toulouse et Montauban : changement de ton avec Mme Le Pen, en meeting près de Nantes. Toute la rhétorique de haine de l’extrême droite, liant immigration, délinquance et terrorisme a été déroulée devant une salle chauffée à blanc qui réclamait « le retour de la guillotine » dans une « France chrétienne » : «Ce qui s'est passé n'est pas l'affaire de la folie d'un homme, ce qui s'est passé est le début de l'avancée du fascisme vert dans notre pays […] Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ?» «Combien de Mohamed Merah parmi les enfants de ces immigrés non assimilés ?» Et encore : «Mohamed Merah n'est peut-être que la partie émergée de l'iceberg», a poursuivi Marine Le Pen, agitant le spectre de quartiers entiers soumis aux lois de la «drogue» et de «l'islam radical», «conséquence de l'immigration de masse». Des quartiers où l'on aurait «acheté la paix sociale à coups de milliards d'euros de politique de la ville [...] pris dans la poche du contribuable honnête».

Face à cette « gangrène », elle a martelé qu’elle voulait « mettre l'islam radical à genoux !»

Nous le disons tout net : oui, ces assassinats sont intolérables ! Oui, la mort d’enfants dans les conditions qui nous ont été rapportées, les rendent encore plus insupportables ! Mais dans le même temps, force est de constater que rien ne change. Avec ce drame affreux, fruit d’un esprit influençable, immature, surement fragile, l’histoire bégaie …

A un mois de la présidentielle, le thème de l’insécurité est de retour. Comme en 2002, comme en 2007.

L’histoire bégaie.

Achille Blondeau, ancien secrétaire général de la fédération du sous-sol CGT rappelait récemment : « Dans un pays qui porte le mot fraternité dans sa devise, il y a parfois de quoi vomir lorsque l’on entend les odieuses attaques du Front national relayées par l’UMP contre les immigrés »

Au début du siècle dernier, « la ligue de la patrie française » publiait un petit ouvrage qui dénonçait l’invasion des italiens : «Ils volent les emplois. Ils sont sales et remplissent les hôpitaux. Le vol et l’assassinat sont pour eux un sport national. La race française va être débordée… Il faut les empêcher de devenir français»  Quelques années plus tôt,  en août 1893, Aigues-Mortes avait connu une véritable "ritalade", conséquence de la Grande Dépression des années 1875, qui avait fait plusieurs dizaines de morts parmi les forçats qui ramassaient le sel. Plus tard, ce seront les mineurs polonais (plus de 300 000) puis les magrébins (le CNPF ne recrutait que des travailleurs agricoles, au fond du bled, avec les mains calleuses, censés être plus dociles et plus durs à la tâche) qui feront les frais de la logique du capital : portes grandes ouvertes lorsque le patronat avait besoin d’eux pour reconstruire le pays, pour trimer au fond des mines ou dans l’industrie afin de casser les revendications du prolétariat français … stigmatisation et discours xénophobes et racistes ensuite, quand les contradictions inhérentes au capitalisme apparaissent : crise de surproduction, réduction de la production, licenciements et chômage de masse. Chaque militant ou sympathisant du Front de Gauche le sait bien : le racisme n’est rien d’autre qu’une des armes dans les mains des exploiteurs, contre la démocratie, contre les salariés.

Le raciste est un homme (une femme) qui se trompe de colère !

Ce vieux slogan scandé par « Ras l’Front » dans les années 90 n’a rien perdu de son actualité. Avec beaucoup de fermeté et de force, nous devons clamer la solidarité de classe entre travailleurs français et immigrés et agir en conséquence. Avec Jean Luc MELENCHON, le candidat du front de gauche à la présidentielle, il appartient à chacun d’entre nous de "lutter contre les assimilations et stigmatisations haineuses à qui cette situation pourrait servir de prétexte".Image10.jpg

La finalité du projet du Front de Gauche, « l’humain d’abord ! » est l’émancipation. Cette dernière passe par la création des conditions pour que chacune et chacun puisse construire sa vie libéré(e) de toute domination et développer ses potentialités. Je rajouterai pour ma part : « libérer de toute fausse conscience »

Il y a 150 ans, Victor Hugo publiait les Misérables. JLM en a lu quelques lignes au meeting de Villeurbanne qui se terminaient ainsi : « Si nous étions forcés à l’option entre les barbares de la civilisation et les civilisés de la barbarie, nous choisirions les barbares ».

J’y souscris !!  Vite, la révolution citoyenne !!!

Publié dans humeur militante

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